Rhizarthrose (Arthrose du pouce)
La rhizarthrose est l’arthrose de l’articulation trapézo-métacarpienne, située à la base du pouce. Elle touche principalement les femmes après 50 ans et provoque des douleurs mécaniques, une perte progressive de force dans la pince pouce-index et une gêne dans les gestes du quotidien (ouvrir un bocal, tourner une clé, écrire).
Elle n’est pas une fatalité : des solutions médicales et chirurgicales efficaces existent. Aux stades précoces et modérés, le traitement conservateur (attelle, adaptation des activités, infiltrations) donne souvent de bons résultats. Lorsque la chirurgie devient nécessaire, je privilégie la prothèse trapézo-métacarpienne en première intention chez les patients éligibles : les études récentes montrent une récupération fonctionnelle plus rapide et une meilleure force de pince à court et moyen terme qu’avec la trapézectomie classique.
Symptômes
- Douleur de la base du pouce, augmentée à l’effort (pince, serrage de clé, ouverture de bocaux).
- Perte progressive de force et de mobilité.
- Déformation en « Z » du pouce et apparition d’une bosse à la base.
- Difficultés dans les gestes quotidiens (tourner une clé, boutonner, écrire).
Causes & facteurs
- Usure mécanique liée à l’âge.
- Plus fréquente chez la femme, surtout après 50 ans.
- Facteurs hormonaux et prédispositions anatomiques.
- Antécédents familiaux (facteur génétique reconnu)
Examens
- Radiographies de la main et du pouce de Face / Profil
Traitements
Non chirurgical
Chirurgical (opérations)
Pronostic & Prévention
Le pronostic de la rhizarthrose est globalement favorable. Aux stades précoces et modérés, le traitement conservateur (orthèse, antalgiques, infiltrations, rééducation) suffit pour la majorité des patients pendant de longues années.
Lorsque la chirurgie devient nécessaire, les deux techniques disponibles (prothèse trapézo-métacarpienne et trapézectomie) donnent de bons résultats à long terme. La prothèse offre une récupération plus rapide et une meilleure force de pince, tandis que la trapézectomie reste une solution éprouvée, particulièrement adaptée à certaines situations anatomiques (petit trapèze, os de mauvaise qualité) ou aux reprises après échec de prothèse. Le choix se fait au cas par cas, en fonction de votre anatomie, de votre âge et de vos attentes.
FAQ
La rhizarthrose est-elle une fatalité ?
Non, la rhizarthrose n'est pas une fatalité. Cette arthrose de l'articulation trapézo-métacarpienne touche environ 25 à 30 % des femmes après 50 ans, mais une majorité de patientes ne nécessitera jamais de chirurgie. La prise en charge se fait par paliers progressifs : adaptation des gestes du quotidien, port d'une orthèse de repos nocturne, infiltrations de corticoïdes pour soulager les poussées douloureuses, infiltrations d'acide hyaluronique pour lubrifier l'articulation aux stades précoces. Ces traitements stabilisent durablement la majorité des patientes pendant plusieurs années. La chirurgie n'intervient que lorsque la douleur résiste aux traitements bien conduits ou que la fonction est compromise. Je propose toujours d'abord la stratégie conservatrice la plus adaptée à votre stade radiologique, à votre âge et à votre activité, avant d'envisager le geste chirurgical. Il existe des solutions il suffit d'en parler.
Faut-il opérer systématiquement ?
Non, l'opération n'est jamais proposée d'emblée. La chirurgie est réservée aux cas où le traitement conservateur — orthèse, infiltrations — n'a pas suffi à contrôler les douleurs ou que la fonction du pouce s'est dégradée au point de gêner les gestes essentiels (tourner une clé, ouvrir un bocal, écrire, boutonner). Concrètement, j'envisage une intervention quand la douleur reste invalidante après prise en charge médicale bien conduite. La décision est toujours partagée : je vous montre vos radiographies, j'évalue votre stade, et je vous explique les options chirurgicales adaptées (prothèse trapézo-métacarpienne en première intention, trapézectomie en seconde ligne). Le choix final dépend de vos attentes fonctionnelles, de votre activité professionnelle ou sportive, et de votre âge.
À quel âge la rhizarthrose apparaît-elle ?
La rhizarthrose apparaît typiquement après 50 ans, avec une nette prédominance féminine — les femmes sont 4 à 6 fois plus touchées que les hommes, en lien avec la chute hormonale post-ménopause et avec une laxité ligamentaire constitutionnelle plus marquée. La prévalence radiologique atteint 25 à 30 % chez les femmes après 50 ans, mais toutes les arthroses radiologiques ne sont pas symptomatiques : seules 30 à 50 % d'entre elles génèrent des douleurs cliniques. Une apparition plus précoce, vers 35-45 ans, est possible en présence de facteurs spécifiques : antécédents familiaux directs (composante génétique reconnue), métiers très sollicitants pour le pouce (couturières, coiffeuses, kinésithérapeutes, dentistes), traumatisme ancien de la base du pouce. Si vous présentez une douleur de la base du pouce avant 50 ans, surtout d'apparition progressive, une consultation permet de poser le diagnostic et de freiner l'évolution.
Combien de temps dure la rééducation après une opération ?
La durée de la rééducation dépend principalement de la technique chirurgicale choisie. Après une prothèse trapézo-métacarpienne, la récupération est rapide : pas d'immobilisation prolongée, mobilisation autorisée dès la 2e semaine, reprise des gestes du quotidien (s'habiller, écrire, tenir un verre) entre 3 et 6 semaines, et récupération de la force fine entre 6 et 10 semaines. La rééducation totale s'étale sur environ 6 à 8 semaines avec un kinésithérapeute formé à la main. Après une trapézectomie — technique plus ancienne, encore utilisée dans certains cas particuliers — la récupération est plus longue : immobilisation 4 à 6 semaines, reprise progressive des activités légères vers 6-8 semaines, et récupération complète de la force entre 3 et 6 mois. Dans les deux cas, je travaille étroitement avec un kinésithérapeute spécialisé pour adapter le programme à votre âge, à votre côté dominant et à votre activité professionnelle ou sportive.
Trapézectomie ou prothèse trapézo-métacarpienne : que choisir ?
La prothèse trapézo-métacarpienne est aujourd'hui la technique que je privilégie en première intention pour la majorité des patientes. Elle permet une récupération plus rapide, une meilleure préservation de la longueur du pouce, et des scores fonctionnels supérieurs à la trapézectomie classique au-delà de 2 ans. Le geste se réalise en ambulatoire, sous anesthésie locorégionale, et dure environ 45 minutes. La trapézectomie — qui consiste à retirer le trapèze — reste indiquée dans des situations spécifiques : déformations sévères, qualité osseuse insuffisante pour ancrer une prothèse, reprise après échec de prothèse, ou contre-indication individuelle. Je discute systématiquement ce choix avec vous en consultation, après examen clinique et radiographies récentes : votre stade radiologique, votre âge, votre densité osseuse, votre activité manuelle (loisirs, profession), et vos attentes fonctionnelles guident la décision. Prenez rendez-vous pour évaluer ensemble la stratégie chirurgicale la plus adaptée à votre situation.
Pathologies liées
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