Ostéosynthèse de l’Humérus Proximal

L'ostéosynthèse de l'humérus proximal est la fixation chirurgicale d'une fracture par plaque vissée (le plus souvent de type Philos) ou par clou centromédullaire. Elle vise à restaurer l'anatomie de l'épaule et à permettre une rééducation précoce, tout en préservant l'articulation naturelle. Cette technique est privilégiée chez les patients actifs avec un capital osseux conservé, en alternative à la prothèse d'épaule.
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Indications

L’ostéosynthèse est indiquée dans les fractures déplacées de l’humérus proximal, notamment dans les cas suivants :

  • Fracture à 2, 3 ou 4 fragments déplacés (classification de Neer) chez un patient dont l’os est de bonne qualité.
  • Patient actif, le plus souvent de moins de 70 ans.
  • Fracture associée à une luxation (fracture-luxation) lorsque la tête humérale est réductible.
  • Tête humérale vascularisée (absence d’atteinte du calcar médial), limitant le risque de nécrose secondaire.

Chez le sujet âgé avec ostéoporose marquée ou fracture très comminutive compromettant la vascularisation, la prothèse d’épaule inversée peut être préférée.

Alternatives

Selon la situation clinique, d’autres options peuvent être envisagées :

  • Traitement orthopédique (sans chirurgie) : pour les fractures non ou peu déplacées, avec immobilisation courte (3-6 semaines) et rééducation précoce.
  • Prothèse d’épaule inversée : chez le patient de plus de 70 ans avec ostéoporose marquée, ou en cas de fracture très comminutive compromettant la vascularisation de la tête humérale.
  • Enclouage centromédullaire : alternative à la plaque vissée dans certaines fractures simples sous-tuberositaires.

Je discute le choix de la technique au cas par cas avec vous, en tenant compte de l’anatomie de la fracture, de la qualité osseuse et de vos attentes fonctionnelles.

Technique opératoire

L’intervention se déroule sous anesthésie générale, complétée par un bloc inter-scalénique pour la gestion de la douleur post-opératoire.

  • Voie d’abord : delto-pectorale antérieure, en technique la moins invasive possible adaptée à la fracture.
  • Réduction anatomique des fragments fracturaires sous contrôle radioscopique peropératoire.
  • Fixation par plaque vissée anatomique verrouillée (Philos ou équivalent) ou par clou centromédullaire dans les fractures plus simples de la zone chirurgicale.
  • Réparation associée de la coiffe des rotateurs si elle est désinsérée.

La durée de l’intervention est d’environ 1 à 2 heures selon la complexité.

Suites / Post-op

Hospitalisation : Ambulatoire le plus souvent, mais parfois 1 à 2 nuit selon l’état général.

Immobilisation : attelle coude-au-corps pendant 15 jours à 3 semaines selon la solidité du montage, puis sevrage progressif.

Rééducation précoce : débutée dès J1–J3 par des mouvements pendulaires, puis mobilisation active aidée à partir de la 3e–4e semaine. L’objectif est de limiter la raideur, qui est la complication la plus fréquente. Je travaille avec des kinésithérapeutes formés à la rééducation post-opératoire de l’épaule.

Arrêt de travail : 4 à 8 semaines pour un poste sédentaire, jusqu’à 6 mois pour un travail de force.

Reprise du sport : sports sans contact à 2–3 mois, sports de contact à 6 mois après accord chirurgical.

Pansements post-opératoires : les pansements sont refaits tous les 2 jours jusqu’à l’ablation des fils vers J15.

Risques / Complications

Comme toute intervention chirurgicale, cette procédure comporte des risques : Risques généraux : thrombose veineuse, infection (moins de 2 %), hématome.

Risques spécifiques :

  • Raideur articulaire : complication la plus fréquente, limitée par une rééducation précoce bien conduite.
  • Nécrose avasculaire de la tête humérale : 5 à 30 % selon le type de fracture, pouvant nécessiter la conversion secondaire en prothèse.
  • Démontage du matériel ou pseudarthrose : rares, favorisés par l’ostéoporose.
  • Lésion du nerf axillaire : exceptionnelle, pouvant entraîner une faiblesse du deltoïde.
  • Ablation secondaire du matériel : parfois nécessaire en cas de conflit sous-acromial ou de gêne.

Résultats attendus

Les résultats dépendent du type de fracture, de la qualité de la réduction obtenue et de la rééducation : Consolidation osseuse : obtenue dans 85 à 95 % des cas à 3 mois pour les fractures simples, plus tardivement pour les fractures comminutives.

Récupération fonctionnelle : élévation active de 130° à 150° dans la majorité des cas, force conservée à 70–90 % du côté controlatéral. La récupération fonctionnelle complète s’étend sur 6 à 18 mois.

FAQ

Faudra-t-il retirer la plaque par la suite ?

La plaque n’est pas retirée systématiquement. L’ablation est envisagée uniquement si elle gêne la mobilité (conflit sous-acromial) ou devient douloureuse, généralement au moins 12 mois après consolidation osseuse complète.

Pourrai-je lever le bras comme avant ?

Pour la majorité des patients, l’élévation active atteint 130° à 150° à 6 mois, ce qui permet toutes les activités du quotidien. Une récupération complète à 100 % n’est cependant pas toujours obtenue, surtout dans les fractures à 4 fragments. Une rééducation précoce bien conduite est déterminante.

Quel est le risque de nécrose de la tête humérale ?

Le risque varie de 5 % (fracture à 2 fragments) à 30 % (fracture à 4 fragments avec atteinte du calcar médial). Il est surveillé cliniquement et radiologiquement pendant les 2 premières années. En cas de nécrose symptomatique, une conversion en prothèse d’épaule peut être proposée secondairement.

Quand puis-je reprendre la conduite ?

La conduite est généralement reprise à partir de 6 semaines, après consolidation suffisante et récupération d’une mobilité active correcte. Je vous donnerai une autorisation personnalisée lors des consultations de suivi.

Chaque patient est unique, et la prise en charge doit être personnalisée. Une consultation spécialisée est nécessaire afin de confirmer le diagnostic et de proposer le traitement le plus adapté à votre situation.
(Des consultations au cabinet ou en téléconsultations sont possibles)
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