Épicondylite Médiale (Golf Elbow)

L’épicondylite médiale, communément appelée « golf elbow », est une tendinopathie des tendons fléchisseurs-pronateurs du poignet à leur insertion sur l’épicondyle médial du coude. Elle est moins fréquente que l’épicondylite latérale mais son mécanisme pathologique est identique : une atteinte dégénérative des fibres tendineuses liée à une sollicitation répétée. Elle peut survenir dans les sports (golf, raquette, lancer) ou dans un contexte de travail manuel. Mon approche est la même que pour la forme latérale : je privilégie au maximum un traitement conservateur bien structuré, associant rééducation spécifique, orthèses (attelle nocturne + bracelet épicondylien diurne) et injections de PRP réalisées au cabinet. La chirurgie reste réservée aux échecs caractérisés. La proximité du nerf ulnaire rend l’évaluation clinique plus délicate que du côté latéral, car une compression associée doit toujours être recherchée.

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Symptômes

  • Douleur à la face interne du coude, exacerbée par la flexion du poignet contre résistance
  • Douleur aux mouvements de pronation forcée (tourner un tournevis, lancer une balle)
  • Irradiation possible sur la face interne de l'avant-bras
  • Parfois associée à des fourmillements dans les 4e et 5e doigts (compression du nerf ulnaire à rechercher)
  • Perte de force de préhension et de la pince
  • Gêne dans les gestes professionnels ou sportifs répétitifs

Causes & facteurs

  • Sports de lancer et de raquette : golf (swing), tennis (coup droit appuyé), lancer, baseball
  • Travail manuel répétitif : tournevis, visseuse, manutention, tâches agricoles
  • Surcharge tendineuse lors d'une reprise brutale ou d'un changement de gestuelle
  • Vieillissement tendineux physiologique (à partir de 35-40 ans)
  • Facteurs favorisants : tabagisme, diabète, surpoids
  • Contexte accident du travail / maladie professionnelle

Examens

  • Recherche systématique d'une compression du nerf ulnaire au coude (test de Tinel, flexion maximale)
  • Radiographies standard du coude : éliminent une arthrose, une calcification ou une cause osseuse
  • Échographie : examen de première intention, confirme la tendinopathie et détecte les éventuelles calcifications
  • IRM : en seconde intention si doute diagnostique ou en vue d'une chirurgie
  • EMG : indiqué en cas de signes associés de compression du nerf ulnaire

Traitements

Non chirurgical

Rééducation spécialisée Pilier du traitement conservateur. Un kinésithérapeute formé proposera un programme structuré : étirements doux des fléchisseurs-pronateurs, renforcement excentrique progressif, massage transverse profond, travail postural. Il faut compter 2 à 3 mois pour juger de l'efficacité.
Orthèses combinées : attelle nocturne + bracelet diurne J'associe systématiquement une attelle de repos la nuit (poignet en extension pour mettre au repos les fléchisseurs) et un bracelet épicondylien (« contre-force ») le jour lors des activités sollicitantes. Cette combinaison décharge efficacement les insertions tendineuses et potentialise la rééducation.
Injections de PRP (plasma riche en plaquettes) — réalisées au cabinet Je pratique moi-même les injections de PRP au cabinet. Le PRP stimule la cicatrisation des fibres tendineuses. Les études récentes confirment son intérêt à long terme par rapport aux corticoïdes, avec une meilleure fonction et moins de récidives à 6 mois et au-delà.
Adaptation des activités et ergonomie Modification des gestes déclenchants, adaptation de la technique sportive (swing de golf, revers), aménagement du poste de travail. Un levier souvent négligé mais déterminant pour éviter la chronicité.
Ondes de choc extracorporelles Option complémentaire dans certains centres spécialisés, surtout utile en cas de calcifications associées ou d'échec des mesures précédentes.
Infiltrations de corticoïdes (à éviter désormais) Les recommandations actuelles déconseillent les infiltrations de corticoïdes en routine. Le soulagement à court terme est réel mais exposé à un risque élevé de récidive et un pire pronostic fonctionnel à long terme. Attention également à la proximité du nerf ulnaire : l'infiltration médiale doit rester prudente. Je ne les propose plus en première intention.

Chirurgical (opérations)

Pronostic & Prévention

Le pronostic de l’épicondylite médiale est globalement favorable avec un traitement conservateur bien mené : la majorité des patients s’améliorent en 3 à 6 mois. La forme médiale est légèrement plus lente à céder que la forme latérale, notamment en raison de la proximité du nerf ulnaire et de la fréquente association avec une compression nerveuse. Deux éléments importants à garder en tête :

  • Contexte accident du travail / maladie professionnelle (AT/MP) : le pronostic est significativement moins bon dans ce contexte, avec un taux d’échec thérapeutique (conservateur comme chirurgical) plus élevé. Les études identifient les bénéfices secondaires, le mécontentement professionnel et l’impossibilité de modifier le geste déclenchant comme facteurs défavorables. Un accompagnement global (aménagement du poste, reclassement, parfois soutien psychologique) est essentiel.
  • Compression associée du nerf ulnaire : présente dans 20 à 30% des cas, elle peut modifier la stratégie thérapeutique et nécessiter une prise en charge spécifique (parfois chirurgicale si échec conservateur).

FAQ

Pourquoi déconseiller les infiltrations de corticoïdes ?

Parce que les études récentes montrent un risque élevé de récidive et un pire pronostic fonctionnel à moyen et long terme. Le soulagement à court terme est réel mais se paie souvent d'un état moins bon à 6 mois et 1 an. Taux de récidive jusqu'à 72% après corticoïdes contre 8% après kinésithérapie bien conduite. Autre point spécifique à la forme médiale : la proximité du nerf ulnaire impose une prudence particulière pour les infiltrations.

Pourquoi privilégier le PRP ?

Le PRP stimule la cicatrisation tendineuse sans les fragiliser, contrairement aux corticoïdes. Les études récentes montrent de meilleurs résultats à long terme (≥ 6 mois) sur la douleur et la fonction. Je réalise ces injections moi-même au cabinet, sous contrôle clinique ou échographique selon les cas, ce qui simplifie votre parcours et garantit la précision du geste.

Pourquoi faut-il chercher une compression du nerf ulnaire ?

Parce qu'elle est associée dans 20 à 30% des cas et modifie la prise en charge. Les symptômes se chevauchent (douleur du coude interne) mais la compression nerveuse ajoute des fourmillements dans l'annulaire et l'auriculaire, parfois une faiblesse de la pince. Je la recherche systématiquement à l'examen clinique, complété si besoin par un EMG. Son traitement relève parfois d'une chirurgie de libération du nerf ulnaire.

Combien de temps faut-il traiter avant d'envisager une chirurgie ?

Au minimum 6 mois de traitement conservateur bien conduit (rééducation + orthèses + PRP si besoin). L'évolution spontanée favorable est fréquente et précipiter la chirurgie expose à des échecs évitables. Je fais un point clinique à 3 mois pour réajuster la stratégie. Lorsque la chirurgie est finalement nécessaire et bien indiquée, les résultats sont généralement bons — 80 à 90% de succès dans les séries classiques — avec un pronostic moins favorable en contexte AT/MP.

La reconnaissance AT/MP améliore-t-elle le pronostic ?

Non, au contraire. La reconnaissance administrative aide la prise en charge financière mais les études montrent un pronostic médical nettement moins bon en contexte accident du travail / maladie professionnelle, avec plus d'échecs thérapeutiques. Cela tient à la poursuite du geste déclenchant, aux bénéfices secondaires, à un mécontentement professionnel fréquent. Un accompagnement global (ergonomie, reclassement, soutien psychologique) est souvent nécessaire pour de bons résultats.

Chaque patient est unique, et la prise en charge doit être personnalisée. Une consultation spécialisée est nécessaire pour confirmer le diagnostic et proposer le traitement le plus adapté.

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