Fracture du poignet (extrémité distale du radius)

Autres noms : Fracture du poignet · Fracture du radius distal · Fracture de l’extrémité inférieure du radius · Fracture de Pouteau-Colles · Poignet cassé · Déformation en dos de fourchette

La fracture de l’extrémité distale du radius est l’une des fractures les plus fréquentes, représentant environ 15% de toutes les fractures chez l’adulte. Elle survient généralement lors d’une chute sur la main tendue et peut considérablement limiter la fonction du poignet. Un diagnostic rapide et une prise en charge adaptée sont essentiels pour retrouver une mobilité optimale.

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Symptômes d'une fracture du poignet

  • Douleur intense au niveau du poignet et de l'avant-bras
  • Déformation visible du poignet (aspect en "dos de fourchette")
  • Gonflement important et hématome
  • Impossibilité de bouger le poignet
  • Engourdissements ou fourmillements dans les doigts
  • Limitation fonctionnelle de la main

Causes d'une fracture du poignet

  • Chute sur la main tendue avec poignet en extension
  • Traumatisme direct lors d'activités sportives
  • Accidents de la voie publique
  • Fragilité osseuse liée à l'ostéoporose chez la personne âgée
  • Chutes domestiques

Diagnostic d'une fracture du poignet : radiographies et scanner

  • Radiographies standard du poignet (face et profil)
  • Scanner pour évaluer la complexité de la fracture

Traitements de la fracture du poignet : plâtre ou opération

Non chirurgical

Immobilisation par plâtre / orthèse sur mesure Pour les fractures non déplacées ou peu déplacées, une immobilisation par plâtre, résine ou orthèse pendant 4 à 6 semaines peut suffire, la durée étant adaptée à chaque patient et à la consolidation constatée sur les radiographies, avec surveillance radiologique régulière.
Réduction orthopédique Manipulation sous anesthésie locale ou générale pour remettre les fragments osseux en place, suivie d'une immobilisation plâtrée.

Chirurgical (opérations)

Consolidation et rééducation après une fracture du poignet

Le pronostic des fractures de l’extrémité distale du radius dépend largement du type de fracture, de l’âge du patient et de la précocité de la prise en charge. Les fractures simples évoluent généralement favorablement avec un traitement conservateur. Cependant, les fractures complexes, instables ou articulaires nécessitent souvent une intervention chirurgicale pour éviter les complications à long terme comme l’arthrose, les raideurs ou les déformations.

Questions fréquentes sur la fracture du poignet

Pourquoi cette fracture est-elle si fréquente ?

La fracture de l'extrémité distale du radius est la fracture la plus fréquente des membres supérieurs, représentant environ 15 % de toutes les fractures vues aux urgences (Court-Brown & Caesar, Injury, 2006). Le mécanisme classique est la chute sur la main tendue (FOOSH : Fall On Outstretched Hand) lors d'un déséquilibre vers l'avant. La radius distal est une zone de transition entre os cortical solide diaphysaire et os spongieux fragile métaphysaire : c'est anatomiquement le point faible du poignet. Deux populations sont particulièrement touchées : les enfants et jeunes adultes lors d'activités sportives (vélo, ski, roller, rugby) avec choc à haute énergie, et les femmes ménopausées (à partir de 55 ans) chez qui une chute de sa hauteur suffit en raison de l'ostéoporose post-ménopausique. Cette fracture est souvent le premier marqueur clinique d'une fragilité osseuse à dépister.

Quand faut-il opérer une fracture du poignet ?

L'indication chirurgicale dépend de 3 critères objectifs radiologiques et de critères fonctionnels. Radiologiquement, on opère si : marche d'escalier articulaire ≥ 2 mm, bascule postérieure (dorsale) résiduelle > 10°, raccourcissement radial > 3 mm, perte d'inclinaison radiale > 5° (consensus Lafontaine, J Hand Surg Br, 1989 ; AAOS 2009). Fonctionnellement, un patient jeune actif (< 65 ans) avec exigences professionnelles ou sportives mérite presque toujours une réduction anatomique chirurgicale pour minimiser le risque d'arthrose post-traumatique. À l'inverse, un patient âgé peu actif avec déformation modérée peut être traité orthopédiquement (plâtre antébrachio-palmaire 6 sem) : les résultats fonctionnels sont souvent acceptables à 12-24 mois (Arora et al., J Bone Joint Surg Am, 2011). La décision se prend toujours au cas par cas, avec scanner si doute sur une fracture articulaire complexe.

Quelle technique chirurgicale pratiquez-vous ?

Je réalise l'ostéosynthèse par plaque palmaire verrouillée mini-invasive (volar locking plate), technique de référence depuis 2005. La voie d'abord palmaire mesure 3-4 cm seulement (incision de Henry réduite), permettant de réduire la fracture sous contrôle radioscopique et de la fixer par une plaque anatomique avec vis verrouillées multidirectionnelles. Avantages : récupération rapide (mobilisation immédiate du poignet sans plâtre), réduction anatomique préservée même en cas d'ostéoporose, taux de consolidation > 95 % à 6 sem (Orbay & Fernandez, J Hand Surg Am, 2002). Comparée aux fiches percutanées Kirschner ou au fixateur externe, cette technique offre une stabilité immédiate qui dispense d'immobilisation prolongée.

Combien de temps faut-il pour consolider ?

La consolidation osseuse standard d'une fracture du radius distal prend 6 semaines en moyenne. Après chirurgie par plaque palmaire verrouillée, on récupère cette stabilité dès J+1 grâce à la fixation interne. La rééducation peut donc démarrer précocement (mobilisation active prudente) sans attendre la consolidation radiologique complète. Délais habituels après chirurgie : reprise de la conduite automobile à 4-6 sem, reprise du travail de bureau à 4-6 sem, travail manuel léger à 8 sem, travail manuel lourd ou sport de contact à 3 mois. Une radio de contrôle à 6 sem et 3 mois confirme la consolidation. Chez les fumeurs, la consolidation est plus lente et moins fiable : l'arrêt complet du tabac jusqu'à consolidation fait réellement partie du traitement.

Quelles sont les complications possibles ?

Les complications les plus fréquentes sont : syndrome douloureux régional complexe (SDRC ou algodystrophie) dans 1-8 % des cas (Field et al., J Bone Joint Surg Br, 1994), plus fréquent chez les femmes et lors d'immobilisations prolongées ; raideur résiduelle du poignet en flexion-extension dans 10-15 % des cas, généralement modérée et améliorable par rééducation ; rupture du tendon long extenseur du pouce (LEPP) 1-3 % à 6-24 mois post-op, par conflit mécanique ou ischémie tendineuse ; lésion du nerf médian (syndrome du canal carpien post-traumatique, 2-5 %) ; cal vicieux ou consolidation en position non anatomique si la fracture est traitée orthopédiquement avec déplacement résiduel. Plus rarement : infection (<1 %), pseudarthrose (<1 % avec plaque palmaire). Le SDRC est la complication la plus redoutée car elle prolonge la rééducation de 6-12 mois ; sa prévention repose sur la mobilisation précoce, le contrôle douloureux postopératoire optimal et la prise en charge psycho-émotionnelle.

Faut-il retirer le matériel d'ostéosynthèse plus tard ?

Le retrait n'est pas obligatoire, mais je le préconise plutôt chez les patients de moins de 75 ans, entre 3 et 6 mois après l'intervention, et pas au-delà une fois la consolidation complète confirmée. Raison principale : prévenir les ruptures tendineuses (LonG extenseur du pouce ou long flechisseur du pouce), complication possible 1-3 % à long terme par usure tendineuse contre une vis dorsale (Arora et al., J Orthop Trauma, 2007). Autres bénéfices : éviter les phénomènes d'irritation des fléchisseurs (tendinite du LFD ou du fléchisseur radial), faciliter une éventuelle reprise chirurgicale future, soulager les patients avec sensation de "matériel sous la peau" en cas de minceur cutanée. L'opération de retrait est simple : ambulatoire, voie d'abord identique de 3-4 cm, durée 20-30 min, anesthésie locorégionale du membre supérieur, reprise des activités à 2-4 sem. Au-delà de 75 ans, en l'absence de gêne et de tendinite, le matériel peut être laissé en place sans risque significatif.

Mon poignet sera-t-il aussi solide qu'avant ?

Dans la grande majorité des cas, oui : à condition que la réduction soit anatomique et que la rééducation soit complète. Avec une ostéosynthèse par plaque palmaire verrouillée, 80-90 % des patients récupèrent une fonction normale à 6-12 mois : force de préhension à plus de 90 % du côté controlatéral, amplitude articulaire flexion-extension > 90 % de la normale (Chung & Spilson, J Hand Surg Am, 2001 ; Chung et al., 2009). Une légère raideur résiduelle (perte de 10-15° d'amplitude) est fréquente mais bien tolérée fonctionnellement. Le sport peut être repris à 3 mois sans restriction sur les disciplines à faible risque (course, vélo route, natation) ; pour les sports de contact ou avec appui (rugby, judo, ski hors-piste, escalade), je conseille d'attendre 4-6 mois après vérification radiologique. Pour les patients âgés ou les fractures articulaires complexes, la récupération peut être incomplète.

Cette fracture peut-elle annoncer une fragilité osseuse ?

Oui, surtout chez les femmes ménopausées et les hommes après 65 ans. Une fracture du radius distal survenant après une chute de faible énergie (chute de sa hauteur) doit faire rechercher une ostéoporose par ostéodensitométrie. Cette fracture est souvent la "sentinelle" : 30-40 % des patients qui font une fracture du poignet feront une fracture vertébrale ou du col du fémur dans les 5-10 ans suivants (Cuddihy et al., Osteoporos Int, 1999), avec des conséquences fonctionnelles bien plus lourdes.

Radiographie de poignet de face, la fracture signalée en rouge sur l'extrémité distale du radius
Radiographie de face, le trait de fracture sur l'extrémité distale du radius.
Chaque patient est unique, et la prise en charge doit être personnalisée. Une consultation spécialisée est nécessaire pour confirmer le diagnostic et proposer le traitement le plus adapté.

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(Cabinet ou téléconsultation)

Et si l'opération devient nécessaire

Quand la fracture est déplacée, ou qu'elle risque de se déplacer secondairement, je la fixe par plaque plutôt que de la laisser sous plâtre : cela permet une attelle amovible pendant 2 à 4 semaines au lieu d'une immobilisation longue, et une rééducation précoce. L'intervention dure environ 30 minutes, je la décris sur ma page ostéosynthèse du radius distal.

Des symptômes voisins, d'autres causes

Après une chute sur la main, la radiographie ne montre pas toujours ce qui fait mal. Si la douleur siège dans la tabatière anatomique, au bord du pouce, et qu'elle persiste malgré un cliché jugé normal, je fais compléter le bilan : c'est le tableau de la fracture du scaphoïde, qui échappe fréquemment à la première radiographie. Une douleur du bord de l'auriculaire, majorée quand vous tournez la main paume vers le haut, oriente vers une lésion du TFCC. Une douleur au milieu du dos du poignet, avec une sensation d'instabilité, fait rechercher une rupture du ligament scapho-lunaire, lésion souvent associée à la fracture et qu'il vaut mieux traiter tôt. Enfin, une rupture du long extenseur du pouce peut survenir plusieurs semaines après une fracture consolidée sans opération : si le pouce ne se relève plus, il faut consulter sans attendre.

Me consulter pour une fracture du poignet à Paris

Une fracture du poignet se prend en charge rapidement. Je vous reçois à Paris 6e, rue du Regard, et à Paris 13e, à l'Hôpital Privé des Peupliers, où je participe à l'unité d'urgences de la main qui accueille les traumatismes récents.

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