Raccourcissement du Radius

Le raccourcissement du radius est une ostéotomie de décompression mécanique du lunatum. Il constitue le traitement chirurgical de référence des stades intermédiaires de la maladie de Kienböck (ostéonécrose du lunatum), lorsque l'index ulnaire est négatif. Son objectif est d'arrêter la progression de la maladie en diminuant les contraintes sur l'os malade.
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Indications

Cette intervention est indiquée dans les cas suivants :

  • Maladie de Kienböck stade II ou IIIA de Lichtman (lunatum nécrosé mais globalement conservé, sans collapsus majeur).
  • Index ulnaire négatif (radius plus long que l’ulna au poignet) à la radiographie comparative.
  • Échec du traitement conservateur (immobilisation, rééducation, infiltrations).
  • Cartilage encore conservé sur le capitatum et la fosse lunate du radius.

Au stade IIIB et au-delà (collapsus établi du lunatum, arthrose), le raccourcissement perd son intérêt et les techniques de sauvetage (résection de la première rangée, arthrodèse) sont préférées.

Alternatives

Plusieurs alternatives existent selon le stade de la maladie de Kienböck :

  • Infiltrations et orthèse : traitement conservateur dans les stades précoces ou en cas de contre-indication chirurgicale.
  • Revascularisation pédiculée du lunatum : alternative au stade II, technique plus exigeante et plus rare.
  • Résection de la première rangée : aux stades avancés (IIIB et au-delà).
  • Arthrodèse partielle ou totale du poignet : en dernier recours.

Le choix dépend du stade de la maladie, de l’index ulnaire et de votre activité.

Technique opératoire

L’intervention se déroule sous anesthésie locorégionale (bloc plexique).

  • Voie d’abord antérieure au niveau du radius distal.
  • Ostéotomie transversale du radius à sa partie métaphyso-diaphysaire.
  • Résection d’un segment osseux de 2 à 4 mm, calculée en préopératoire pour équilibrer les longueurs radio-ulnaires.
  • Fixation par plaque vissée verrouillée, permettant une consolidation solide.
  • Contrôle peropératoire de la réduction et de la neutralisation de l’index ulnaire.

La durée est d’environ 1 heure.

Suites / Post-op

Hospitalisation : 0 à 1 nuit.

Immobilisation : attelle ou plâtre anti-brachial pendant 4 à 6 semaines.

Rééducation : débutée dès le retrait de l’immobilisation, progressive. Récupération de la mobilité en 2 à 3 mois, de la force en 4 à 6 mois.

Arrêt de travail : 6 semaines pour un poste sédentaire, 3 mois pour un travail manuel.

Reprise du sport : vers 4 mois pour les sports légers, 6 mois pour les sports contraignants.

Pansements post-opératoires : les pansements sont refaits tous les 2 jours jusqu’à l’ablation des fils vers J15. En cas d’utilisation de fils résorbables, je vous le préciserai et aucune ablation ne sera nécessaire.

Risques / Complications

Les risques sont limités mais doivent être connus :

  • Retard de consolidation osseuse : rare avec le matériel verrouillé, favorisé par le tabac.
  • Pseudarthrose du radius : exceptionnelle (< 3 %).
  • Raideur du poignet : limitée par la rééducation progressive.
  • Douleur persistante en cas de stade mal évalué (IIIB méconnu).
  • Ablation secondaire du matériel : parfois nécessaire en cas de gêne.

Résultats attendus

Les résultats à long terme sont bons dans la majorité des cas correctement indiqués : Soulagement de la douleur : 70 à 85 % des patients à 2 ans.

Revascularisation partielle du lunatum : observée radiologiquement dans 30 à 50 % des cas.

Stabilisation de la maladie : interruption de la progression dans la majorité des cas correctement stadifiés.

Récupération fonctionnelle : mobilité préservée à 70–85 %, force à 80 %.

FAQ

Pourquoi raccourcir le radius si c'est le lunatum qui est malade ?

Le lunatum est coincé entre le radius et le capitatum. En cas d’index ulnaire négatif, les contraintes transmises au lunatum sont majorées. Raccourcir le radius rééquilibre les longueurs et diminue mécaniquement la pression sur le lunatum, ce qui peut permettre sa revascularisation progressive.

Cela guérit-il définitivement la maladie ?

Dans la majorité des cas correctement indiqués, l’intervention stoppe la progression de la maladie et améliore durablement les symptômes. Une revascularisation partielle du lunatum est observée dans 30 à 50 % des cas. Un suivi radiologique à long terme reste nécessaire.

Que se passe-t-il si la maladie continue d'évoluer ?

En cas d’évolution défavorable, les techniques de sauvetage comme la résection de la première rangée ou l’arthrodèse partielle restent disponibles et donnent de bons résultats sur la douleur.

Quand retire-t-on la plaque ?

La plaque peut être conservée indéfiniment si elle ne gêne pas. Mais son ablation reste souvent proposée généralement au minimum 6 à 18 mois après l’intervention et une fois la consolidation osseuse complète.

Chaque patient est unique, et la prise en charge doit être personnalisée. Une consultation spécialisée est nécessaire afin de confirmer le diagnostic et de proposer le traitement le plus adapté à votre situation.
(Des consultations au cabinet ou en téléconsultations sont possibles)
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